Congés et arrêt maladie, c’est un sujet qui fait grimper le compteur de frustrations :
« Est‑ce que je continue à gagner des congés pendant mon arrêt ? »,
« Est‑ce que je perds mes jours si je tombe malade pendant mes vacances ? »,
« Est‑ce que je peux les récupérer après ? ».
Le droit a beaucoup bougé ces dernières années, sous l’effet des décisions européennes et françaises. Résultat : ce que tu as entendu il y a 5 ou 10 ans n’est plus forcément vrai aujourd’hui. On fait le point simplement : ce que tu peux acquérir, ce que tu peux récupérer, et les réflexes à avoir pour ne pas laisser des jours partir en fumée.
Avant / après : ce qui a changé sur les congés pendant la maladie
Pendant longtemps, la logique dominante en France était :
- si tu es en arrêt maladie, tu n’acquiers pas toujours de congés payés sur ces périodes ;
- si tu tombes malade pendant tes congés, tu peux très souvent les considérer comme « perdus ».
Le droit européen est venu bousculer ça en rappelant un principe simple :
- les congés payés sont un droit fondamental à un repos effectif ;
- on ne peut pas t’en priver au seul motif que tu as été malade ou que tu es tombé malade au mauvais moment.
Depuis, la jurisprudence française a évolué dans le même sens :
tu ne peux plus traiter la maladie comme un trou noir qui avale tous tes congés.
Les choses restent techniques, mais la direction est claire :
- plus de protection pour les salarié·es en arrêt ;
- plus de rattrapage possible pour des congés non pris à cause de la maladie.
Est‑ce que tu continues à acquérir des congés pendant un arrêt maladie ?
Réponse : de plus en plus souvent, oui.
L’idée est la suivante :
- tu ne dois pas être défavorisé par rapport à quelqu’un qui n’est jamais malade ;
- un arrêt maladie (surtout longue durée) ne doit pas t’empêcher d’acquérir des congés.
Les juges ont donc considéré que :
- les jours d’arrêt maladie peuvent ouvrir droit à des congés payés ;
- l’employeur doit en tenir compte dans le calcul de tes droits.
En pratique, ça donne quoi ?
- si tu es en arrêt une partie significative de l’année, tu peux quand même cumuler des CP sur cette période ;
- au retour, ton compteur ne doit pas être à zéro sous prétexte que tu as été malade.
Attention : les modalités exactes dépendent encore :
- de la façon dont ton entreprise a mis à jour ses pratiques ;
- de ta convention collective ;
- de comment le SIRH (le système de gestion RH) est paramétré.
Mais si ton compteur de CP reste figé pendant un long arrêt, sans explication, c’est clairement une alerte à creuser.
Si tu tombes malade pendant tes congés : peux‑tu les récupérer ?
Scénario classique :
- tu poses une semaine de congés payés ;
- au bout de deux jours, tu es malade, avec un arrêt délivré par ton médecin ;
- tu te retrouves à passer ta semaine au lit au lieu de te reposer vraiment.
La question : ces jours de congés sont‑ils perdus ou récupérables ?
La tendance jurisprudentielle va dans le sens suivant :
- si tu es en congés payés et que tu tombes malade avec un véritable arrêt de travail (prescrit par un médecin),
tu dois pouvoir reprendre tes congés plus tard, car tu n’as pas bénéficié d’un vrai repos.
Ça reste parfois mal connu et mal appliqué, mais l’esprit est clair :
- on ne peut pas te dire : « tant pis pour toi, tu étais déjà en congés, c’est perdu »,
alors que tu étais médicalement inapte au travail et pas en train de profiter de ton repos.
Concrètement, si ça t’arrive :
- garde tous les justificatifs (arrêt, dates, etc.) ;
- signale la situation à ton employeur / RH ;
- demande comment et quand tes jours de congés seront recrédités ou reprogrammés.
Ce que tu peux récupérer après un long arrêt
Autre cas : tu as enchaîné plusieurs mois d’arrêt, voire plus, et tu reviens en poste.
Tu avais des congés payés non pris, tu en as acquis pendant l’arrêt… et tu ne sais plus très bien où tu en es.
En principe :
- tu dois pouvoir prendre les congés payés acquis que tu n’as pas pu utiliser à cause de ton arrêt ;
- l’employeur ne peut pas simplement dire : « la période de prise est passée, tant pis ».
Selon les cas :
- tu peux avoir droit à une prolongation de la période de prise pour utiliser ces jours ;
- ou, si ce n’est pas possible, à une indemnisation correspondante.
Là encore, tout le monde n’est pas aligné. Certaines entreprises ont déjà intégré ces règles, d’autres sont en retard. Mais si on te dit :
- « Tu as été malade, tu as raté la fenêtre, c’est perdu »,
ça mérite au minimum d’être vérifié, pas juste accepté.
Tu n’as pas besoin de reconstruire toutes les lois. Tu peux partir du concret :
- ton compteur de congés (dans l’outil RH ou sur le bulletin de paie) ;
- les arrêts maladie que tu as eus (dates, durées) ;
- les périodes pendant lesquelles tu aurais normalement dû poser des congés.
Quelques réflexes utiles :
- après un long arrêt (plusieurs semaines ou mois), demande un point écrit à ton/ta RH :
« Pouvez‑vous me récapituler la situation de mes congés payés (acquis / pris / restants), en tenant compte de mon arrêt ? »
- compare ce récapitulatif avec :
- ce que tu sais avoir posé avant ton arrêt ;
- ce que tu poses après.
Si tu vois une disparition inexpliquée :
- pose calmement la question :
« Je ne comprends pas pourquoi ces X jours n’apparaissent plus. Sur quelle règle vous êtes‑vous basé ? »
- en cas de réponse floue, n’hésite pas à solliciter un représentant du personnel : ils savent souvent comment ça se passe dans la boîte.
Intégrer la maladie dans ton planning 2026 (sans te rendre malade)
On ne planifie pas un arrêt maladie, évidemment. Mais tu peux :
- éviter de surexposer certains mois ;
- garder une petite réserve de jours pour encaisser les aléas ;
- et surtout, savoir que la maladie ne doit pas devenir une excuse pour tout effacer.
En construisant ton planning 2026 avec un outil comme Opti’congés :
- prévois des blocs de repos réels (pour réduire justement le risque de fatigue chronique) ;
- garde quelques jours en réserve que tu ne places pas tout de suite ;
- si un arrêt survient, reviens sur ton planning après coup pour voir :
- quels congés prévus n’ont finalement pas été pris ;
- comment ils ont été traités côté compteur.
Tu gardes ainsi la main, au lieu de subir un mélange flou de « on verra » et de règles RH mal appliquées.
En résumé : ce que tu peux acquérir / récupérer
On résume les points clés :
- Pendant l’arrêt maladie, tu peux continuer à acquérir des congés payés : la tendance du droit va clairement dans ce sens, tu ne dois pas être défavorisé juste parce que tu as été malade.
- Si tu tombes malade pendant tes congés, surtout avec un véritable arrêt, tu peux récupérer ces jours, car tu n’as pas eu ton repos effectif.
- Après un long arrêt, tu ne devrais pas perdre purement et simplement les congés que tu n’as pas pu prendre à cause de la maladie : un rattrapage (en temps ou en argent) doit exister.
Et surtout :
- ne te contente pas d’un « c’est comme ça » si tu vois des jours disparaître ;
- demande des explications écrites et, au besoin, un avis extérieur (CSE, syndicat).
Tes congés sont là pour te permettre de récupérer, pas pour être effacés dès que ta santé vacille. Plus tu comprends comment congés et arrêt maladie s’articulent, plus tu peux construire un planning 2026 qui t’aide vraiment à tenir dans la durée, au lieu de subir un système opaque qui te fait perdre des jours au moment où tu en aurais le plus besoin.